• Delphine de Swardt

Plaidoyer pour le conte

Mis à jour : 4 juil. 2020

Les vertus communicationnelles du conte

Le conte est un outil puissant. Il capte les enfants parce qu’il parle directement à leur inconscient et sollicite leur imagination, mais aussi les plus grands. Par la voie du merveilleux et son monde de métamorphoses fantastiques, de réalisations extraordinaires, de

peurs dépassées, le récit devient un miroir intime des émotions et des pulsions universelles. C’est un détour pour dire avec pudeur – le voile d’extraordinaire jeté sur l’ordinaire de nos vies – ce qu’il y a de plus commun et parfois de plus dur à verbaliser. Le conte ne dit rien d’autre que la magie est en nous, elle est la puissance de vie dont la clé est la véritable connaissance de soi.

La force des images

Parce qu’il n’est pas exposé pédagogique, le conte permet d’aborder sans lourdeur les grands défis de notre temps. Animaux qui parlent, univers inversés, princes et princesses en quête d’identité, les motifs décalés qui forment les codes du genre montrent un chemin possible sans l’imposer. Il ne dit pas « tu dois », il dit « voici ce que la grenouille a fait… ». Quand sonne l’alarme, il murmure – pour qu’on l’entende mieux – l’histoire de la souris Nuage d’avril. Au désarroi général, il offre une lumière dans la nuit et la possibilité de rire de nous.

Pourquoi utiliser le conte pour des marques ?

Aujourd’hui, les grandes entreprises ont plus à offrir que des produits ou des services, elles ont une responsabilité. Celle-ci a été théorisée dans le territoire de la RSE. Leur offre immatérielle passe aussi par une exigence de cohérence et de mise en ordre du monde. Le changement peut et doit également advenir par elles. Après tout, ce que nous appelons entreprise est d’abord un rassemblement d’êtres humains. Les grandes nations se fondent sur des légendes. Notre esprit se nourrit d’histoires. Sans elles, nous ne serions que des atomes déliés.


Tout a déjà été dit…

Mais est-ce que tout a bien été entendu ? Est-ce que raconter encore que la bienveillance et la persévérance triompheront et que cela passe par la confiance en une alternative heureuse, c’est mal ? Sans doute que non. Et si une entreprise décide encore de partager une histoire – pour ne pas dire vision – du monde positive, alors tant mieux. Chacun y trouve son compte, sans jeu de mot.

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© 2020 par Delphine de Swardt.
© Portraits studio : Eléonore de Bonneval. © Illustrations et logo : Odile Sageat.